Médecine psychosomatique : corps et psyché.  
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Le prix Nobel
de médecine 1977

Dr Jean-Michel Crabbé
Mis à jour le 31 décembre 2012

Le Nobel qui renverse le dogme médical séparant corps et psyché...!

 

 

Résumé

Bbliographie : Silbernagl S., Despopoulos A., Atlas de poche de Physiologie, Flammarion, 3e édition 2003.
The Nobel Prize in Physiology or Medicine 1977, Roger Guillemin, Andrew V. Schally, Rosalyn Yalow, sur nobelprize.org.

En 1977, le prix Nobel de médecine récompense la découverte des hormones peptidiques cérébrales et bouleverse la conception traditionnelle d'une activité cérébrale limitée des influx nerveux. Ces hormones cérébrales sont les premiers intermédiaires connus entre les fonctions neuro-psychiques centrales et les fonctions physiologiques.

Le prix Nobel de 1977 inaugure l'endocrinologie du cerveau et donne à la médecine psychosomatique "ses lettres de noblesse", c'est-à-dire ses bases scientifiques.

La découverte d'une multitude d'hormones cérébrales prouve que la vie psychique a des effets objectifs sur la biologie et la santé, ce que de nombreux médecins constatent quotidiennement et que la médecine refuse de prendre en considération.

Le dogme qui séparait corps et psyché a été renversé en 1977. Les médecins consciencieux doivent se soucier de la santé physique et psychique de leurs patients.

  Rosalyn Yalow, Nobel 1977, dosages radio-immunologiques

Dosages radio-immunologiques

La première moitié du prix Nobel récompense Rosalyn Yalow pour la mise au point d'une nouvelle méthode "radio-immunologique" capable de doser avec une grande précision des quantités extraordinairement faibles de substances très variées (hormones, vitamines, antigènes...) La sensibilité était supérieure à 0,1 pg/ml, c'est à dire...

1 gramme pour 10 000 tonnes !!

Cette méthode constitue une véritable révolution car elle permet de détecter et de doser des substances encore inconnues auparavant. Dès les années 75, elle est utilisée dans de nombreux établissements hospitaliers publics et privés des USA.

Grace à cette nouvelle technique, les chercheurs vont identifier et doser des centaines de neuro-médiateurs inconnus jusque là.

 

La découverte des hormones cérébrales, 1969

Dans les années 60, on connait les "neuro-transmetteurs" comme l'acétylcholine (1934), la noradrénaline (1946), la sérotonine ou la dopamine. Les terminaisons nerveuses sécretent ces substances chimiques qui transmettent les influx nerveux aux tissus voisins comme les muscles :

Neuro-transmetteur : action locale.
Influx nerveux -> acéthylcholine -> contraction musculaire.

 

Guillemin et Schally, Nobel 1977, hormones cérébrales peptidiques, liens entre le corps et l'âme

Pendant que des hommes marchent sur la lune, d'autres explorent l'infiniment petit et découvrent les hormones peptidiques cérébrales et la nouvelle "endocrinologie des neurones" :

"Roger Guillemin and Andrew Schally have also contributed greatly to this field of research, exploring protein hormones. It is justifiable to say that they have uncovered a substantial part of the link between body and soul." Presentation Speech by Professor Rolf Luft of the Karolinska Medico-Chirurgical Institute.

Suite (traduction) : "On peut dire que Roger Guillemin and Andrew Schally ont découvert un aspect important du lien biologique entre le corps et l'âme. Depuis des dizaines d'années on pensait que les émotions et les phénomènes psychiques avaient un influence sur les fonctions corporelles, mais personne ne savait comment cela était possible."

"Par exemple pendant la 2e guerre mondiale, des milliers de femmes de soldats américains partis en Europe n'ont plus eu leurs règles. Elle étaient en parfaite santé, mais le stress avait une certaine influence sur le corps, et on ne savait pas par quel mécanisme cela était possible."

"Au milieu des années 50, il était évident que le diencéphale (midbrain) produisait des substances chimiques transportées jusqu'à l'hypophyse, qui contrôlaient les différentes hormones hypophysaires. Mais les substances qui transmettaient l'information du psychisme au corps étaient inconnues."

"Chacun de son coté, Guillemin and Schally ont tenté d'isoler l'une de ces substances chimiques. Il leur a fallu 5 millions de prélèvements de diencéphales de moutons et de porcs, une demi tonne ! Et en 1969, après des années de travail, ils ont isolé l'un et l'autre 1 milligramme d'hormone purifiée (TRF, Thyropropine releasing factor). Rarement aussi peu de chose n'avait demandé autant de travail."

 

Des liens entre le corps et l'âme

"The discoveries by Guillemin and Schally brought on a revolution in their own field of research. Still other protein hormones have subsequently been isolated from the midbrain, this wondrous organ of control and guidance which today - more than ever - emerges as part of the link between the body (soma) and the soul (brain)." Professor Rolf Luft, dec 1977.

Le discours du Pr. Rolf Luft montre que le "Nobel Committee" était parfaitement conscient de la signification de ces découvertes. Avec le prix Nobel 1977, le dogme médical qui séparait le corps (soma) de la psyché (brain) était renversé. On comprenait enfin comment un stress psychologique suffisait à bloquer les règles des femmes de militaires américains partis en Europe. Les gynécologues devaient s'intéresser à la psychologie de leurs patientes et le même raisonnement s'appliquait à l'ensemble des disciplines médicales : de nombreux symptômes pouvaient de même être en relation avec des déséquilibres psychiques.

Bibliographie : Nobel Lectures, Physiology or Medicine 1971-1980, Editor Jan Lindsten, World Scientific Publishing Co., Singapore, 1992. Site internet = http://nobelprize.org/nobel_prizes/medicine/

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Roger Guillemin

Roger Guillemin, prix Nobel 1977, au Salk Institut

Présentation du Salk Institut à San Diego La Jolla :

"Roger Guillemin est né en 1924 à Dijon, France. Ce chercheur du Salk Institut (San Diego, CA, USA) a inauguré la recherche sur les hormones cérébrales. Son travail a mis en lumière une classe entièrement nouvelle de substances impliquées dans la régulation de la croissance, les métabolismes, la reproduction et les réponses au stress."

"Ses travaux ont eu un impact considérable sur des pathologies très diverses comme les maladies de la thyroïde, les problèmes de stérilité, le diabète et différents types de tumeurs."

Salk institut, San Diego

"L'une de ces hormones, la GH-RF, est utilisée pour traiter les retards de croissance chez l'enfant. La somatostatine est utilisée pour les tumeurs de l'hypophyse. Guillemin a été le premier à isoler les endorphines, molécules cérébrales qui agissent comme des opiacés endogènes. Après la découverte des endorphines, son travail sur les facteurs de croissance cellulaire a conduit à la découverte de nombreuses fonctions neuro-physiologiques."

Bibliographie : site internet du Salk Institut : http://www.salk.edu/faculty/nobel/

 

Endocrinologie du cerveau et neuro-médiateurs

Les recherches récompensés par le prix Nobel 1977 inaugurent un vaste champ de recherches et la découverte des premières hormones peptidiques cérébrales est suivie de beaucoup d'autres. Aujourd'hui on connaît une bonne centaine de ces "neuromédiateurs", et il en resterait autant à identifier :

Monoamines : dopamine, adrénaline, histamine...,
Endorphine alpha, beta...,
Acides aminés : ac. glutamique, ac. aspartique, GABA...,
Subst. variées : ATP, NO...,
Neuropeptides cérébraux et digestifs... (plus d'une centaine)

Les neuro-médiateurs cérébraux agissent comme des hormones sur les tissus cérébraux, sur l'hypophyse et les glandes endocrines, et sur tous les tissus périphériques. D'autres "neuro-médiateurs" sont sécrétés par des organes périphériques comme le coeur, les poumons ou le tube digestif (VIP, histamine...) et agissent en sens inverse sur le système nerveux central.

De très nombreuses substances chimiques ont des effets sur l'activité des neurones et sur les métabolismes tissulaires périphériques. Le cerveau, dont on ne connaissait que l'activité électrique avant les travaux de Guillemin et Schally, se révèle ainsi d'une extraordinaire complexité et il échappe, pour longtemps encore, à notre compréhension limitée : La médecine ne doit plus ignorer ces liens biologiques "entre le corps et l'âme".

 

Le mépris de la médecine pour la vérité scientifique

Dès les années 1980, ces découvertes devaient provoquer une véritable révolution dans la médecine et un changement de point de vue ou de stratégie, mais il n'en a rien été. Comme pour la chronobiologie ou le sommeil paradoxal, la médecine moderne n'a tenu aucun compte de ces résultats fondamentaux. Aujourd'hui comme hier, on agit comme si ces liens entre la psyché et le corps n'existaient pas. Un médecin digne de ce nom devrait pourtant connaître ses patients sous tous leurs aspects physiques et psychiques, "corps et âme", sans négliger les origines et les conséquences de ce que l'on appelle d'ordinaire "le stress". Il y a toutes sortes de stress conscients et inconscients :

La Faculté exige le contraire des médecins : ignorer volontairement la psychologie, la vie émotionnelle, le comportement, le mode de vie et l'environnement de leurs patients.

 

 

Suite : Prix Nobel et thérapeutique...

 

 

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