Neuropsychisme, chronobiologie et rythmes  
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Chronobiologie et Rythmes biologiques: tournesol

 

10 - Neuropsychisme
et rythmes biologiques

Dr Jean-Michel Crabbé
Mis à jour le 15 janvier 2013

 

Le psychisme conscient, la vie émotionnelle et la vie instinctive gouvernent, involontairement et inconsciemment, les rythmes des fonctions endocriniennes et neurovégétatives, et ceux de l'organisme tout entier.

 

 

Cette page est en relation directe avec le dossier "psychosoma" de ce site. Toutes les fonctions périphériques (soma) sont contrôlées et organisées dans le temps par le système nerveux central et ses fonctions supérieures (psyché). La désorganisation des rythmes du système nerveux central par le stress, les troubles du sommeil, le travail de nuit est à l'origine de nombreuses maladies.

 

Relations entre neuropsychisme et fonctions physiologiques

Les relations anatomiques entre les structures neuropsychiques et les fonctions physiologiques sont connues depuis le prix Nobel de médecine 1977 avec la découverte des hormones peptidiques cérébrales et de nombreux neuromédiateurs.

De toute évidence, le dogme médical qui sépare la psyché et les fonctions physiologiques n'a plus aucun sens et la psyché interagit en permanence avec le corps : schéma suivant.

Schéma : Le couple hypothalamus et hypophyse, principal relais entre la psyché et le corps

Le néocortex est le siège des activités différenciées, conscientes et volontaires : sensibilité, motricité volontaire, vision et audition, réflexion et langage.

Le paléocortex est associé aux comportements innés (instincts) et acquis , à l'alimentation et à la reproduction, aux réactions émotionnelles et à la mémorisation :

  • récepteur du néocortex.
  • récepteur des bulbes olfactifs.
  • relié au thalamus
    ( relais des voies sensitives et sensorielles )

L'archicortex (dont l'hippocampe) est récepteur de multiples informations :

  • équilibre hormonal, métabolique et neurovégétatif
  • cerveau instinctif et émotionnel ( du paléocortex )
  • voies sensitives et sensorielles ( du thalamus )
  • activation/inhibition et rythmes (réticulée, noyaux bulbaires)

Les noyaux de l'hypothalamus et du tronc cérébral pilotent toutes les fonctions périphériques par :

  • Le système endocrinien
  • le système nerveux végétatif
  • Les hormones cérébrales et les neuromédiateurs

Le système réticulaire activateur ascendant (S.R.A.A., noyaux bulbaires ) joue enfin un rôle essentiel dans la vigilance, l'activité, les rythmes veille/sommeil, le sommeil paradoxal et les rêves.

 

Emotions, Stress, Rythmes physiologiques

Les émotions et le stress influencent les fonctions hormonales, neurovégétatives et les rythmes biologiques :

Schéma : Conséquences physiologiques du stress

Chaque émotion est ressentie par l'intermédiaire de manifestations neurovégétatives : rougir, avoir le souffle coupé, être glacé d'effroi, sentir son coeur battre violemment, avoir la chair de poule, avoir la nausée... désigne à la fois une émotion particulière et une modification végétative bien réelle. Aussi ...

  • Un bon équilibre émotionnel s'accompagne d'une sensation de bien-être et de bonne santé,
  • Une émotion violente peut perturber le rythme cardiaque ou la respiration,
  • Un traumatisme psychique peut couper l'appétit ou bloquer le cycle génital et entraîner une stérilité,
  • Un trouble émotionnes peut déclencher une crise d'asthme ou une poussée d'eczéma.

Un lien direct avec les rythmes : chaque perturbation végétative, endocrinienne ou comportementale interfère avec les rythmes spontanés, cycle du cortisol et du sommeil par exemple, et les désynchronise.

Ainsi un stress prolongé a des conséquences comparables à un décalage horaire.

 

Stress et rythme respiratoire

L'équilibre émotionnel modifie le rythme respiratoire : une angoisse "coupe le souffle", et une personne "stressée" a une respiration courte et superficielle, elle garde plus d'air dans ses poumons. Dans une atmosphère psychique "étouffante", la respiration se modifie réellement comme s'il on manquait d'air :

  • L'espace mort augmente et des alvéoles pulmonaires sont mal ventilées,
  • L'air stagne dans les alvéoles : les poussières, les toxiques et les bactéries s'y accumulent.

Modifications respiratoires liées au stress et aux émotions.

Conséquence directe de ces modifications physiologiques : le stress et les émotions altèrent la ventilation respiratoire et favorisent les maladies pulmonaires : infections, allergies et cancers.

L'histoire parallèle de la tuberculose et de la révolution industrielle est édifiante. Il y avait à la fin du XIXe siècle une atmosphère pesante, une angoisse collective devant les miracles de la science. Cette menace s'est concrétisée pendant la "Grande Guerre", avec sa folie meurtrière, ses millions de morts, ses bombardements massifs, ses gaz de combat. (Ce sujet sera développé dans de nouvelles pages sur les relations entre psychisme et maladies, avec statistiques et documents annexes.)

 

Le Syndrome des Apnées Obstructives du Sommeil

Bibliographie : Le sommeil normal et pathologique - M. Billiard - Masson 1994.

Le SAS est une maladie identifiée en 1965 grâce aux enregistrements du sommeil. Elle touche 1 à 5% de la population, principalement des hommes obèses à partir de 50 ans. Les troubles surviennent pendant le sommeil et mettent en péril la vie des patients par des épisodes asphyxiques répétés au cours de la nuit.
A l'inspiration, les voies aériennes supérieures se bloquent et on enregistre des apnées prolongées, qui cessent avec un réveil partiel du malade.

Sommeil et respiration :

  • Endormissement : la respiration diminue et aboutit à une pause (30 ou 40 secondes),
  • La respiration alterne entre ronflements, pauses respiratoires et reprises bruyantes,
  • Le sommeil est léger, fragmenté par des réveils confus, agités,
  • Le sommeil lent profond : respiration régulière et ronflement,
  • Le sommeil paradoxal : diminué avec des apnées prolongées ( 2 à 3 minutes), dangereuses.

Hypoxie et asphyxie :

  • La dépression intrathoracique, -50 à -100 cm d'H2O (normale : -10), témoigne d'une lutte intense contre l'obstacle à l'inspiration,
  • Le taux d'oxygène baisse : PaO2 à 20 ou 30 mmHg (normale : 70),
  • Danger de convulsions et d'arrêt cardiaque.

Complications cardiovasculaires des apnées prolongées :

  • Le travail cardiaque est celui d'un effort intense,
  • Hypertension artérielle pulmonaire, d'ischémie coronarienne et de troubles du rythme,
  • Défaillance cardio-respiratoire,
  • Accidents vasculaires cérébraux nocturnes.

Troubles diurnes :

  • Les patients souffrent de somnolence et d'hypertension artérielle,
  • Céphalées matinales, des difficultés de concentration et de mémorisation,
  • Hypertonie sympathique avec baisse de la libido ou impuissance,
  • Déficit de sécrétion d'hormone de croissance par diminution du sommeil lent profond.

Le traitement du S.A.S. fait surtout appel à la ventilation par pression positive continue (+5 à +15 cm d'H2O). Cette technique permet l'élimination des apnées et des autres symptômes de la maladie, la somnolence diurne et également l'impuissance.

 

Maladies organiques et sommeil

Ce paragraphe concerne de nombreuses pathologies provoquées ou aggravées par les modifications physiologiques liées au sommeil. Le sommeil paradoxal joue un très grand rôle dans le déclenchement de crises d'épilepsies, de troubles et d'accidents cardiovasculaires et respiratoires, de douleurs diverses... Il s'agit, comme pour le S.A.S., d'un domaine exploré au cours des 20 dernières années et encore presque ignoré par la médecine.

À cause du principe d'homéostasie et du retour à l'équilibre pendant le sommeil, la médecine moderne ne conçoit pas que le sommeil peut être responsable de troubles organiques.
Le diagnostic passe par l'enregistrement du sommeil, compliqué et couteux.

En cardiologie, la responsabilité du sommeil paradoxal dans la survenue de troubles du rythmes ou de défaillances cardiaques est négligée. Et pourtant, au cours du sommeil paradoxal, la surcharge cardiovasculaire et respiratoire peut dépasser celle d'un effort physique très violent. De même, le lien entre fibromyalgies et troubles du sommeil est bien démontré.

Extrait de la liste des pathologies concernées : Pour plus de détails, consulter " Le sommeil normal et pathologique - M. Billiard".

  • Fibromyalgies,
  • Dystonie paroxystique nocturne,
  • Ischémie cardiaque nocturne,
  • Arrêt cardiaque du sommeil paradoxal,
  • Mort subite nocturne inexpliquée,
  • Apné et mort subite du nouveau-né,
  • Tachypnée, Laryngospasme, Etouffement,
  • Asthme lié au sommeil,
  • Déglutition anormale liée au sommeil,
  • Reflux gastro-oesophagien et ulcère,
  • Bruxisme et sommeil,
  • Démences,
  • M. de Parkinson,
  • Epilepsie liée au sommeil,
  • Céphalées liées au sommeil,
  • Impuissance et troubles de l'érection,
  • Enurésie et sommeil.

Les relations objectives entre maladies organiques et sommeil montrent que la médecine antique avait raison de s'intéresser au sommeil et aux rêves des malades. Les rêves équilibrés s'accompagnent d'un sommeil calme et réparateur. Un sommeil agité par de mauvais rêves et des cauchemars laissent le dormeur épuisé à son réveil, et parfois malade. (voir paragraphe suivant sur le sommeil paradoxal et les pages sur les rêves.)

 

Syndromes cycliques psychiatriques, dépression et rythmes

Bibliographie : La revue du Praticien, n° 17 du 01/11/97

Des troubles mentaux périodiques sont décrits depuis la fin du XIXe siècle. Au cours des dépressions, on remarque une aggravation matinale des symptômes. Chez la femme, le cycle menstruel peut s'accompagner d'une tendance dépressive tous les 28 jours, et les dépressions saisonnières s'accentuent en automne et au printemps. On associe surtout les syndromes dépressifs aux rythmes, et parfois on améliore les diagnostics et les traitements.

Les dépressions saisonnières se manifestent principalement de l'automne au printemps, et peuvent s'accompagner d'hypersomnie et d'hyperphagie. Elles semblent liées à l'augmentation hivernale de la sécrétion de mélatonine.Ces dépressions sont de fait améliorées par l'exposition à la lumière du jour ou par une photothérapie quotidienne, et elles tendent à rechuter dès l'arrêt de ce traitement.

Dépression, rythmes biologiques et troubles du sommeil sont liés. Au cours des dépressions, on constate :

  • Cycle de la température : la valeur moyenne augmente et les variations diminuent, avec une acrophase avancée vers le début de l'après-midi.
  • Sécrétion du Cortisol : diminution du pic matinal et augmentation des épisodes sécrétoires, de même pour la sécrétion d'ACTH.
  • On observe des modifications de phase pour la mélatonine, la prolactine, la TSH et l'hormone de croissance, ou encore pour la force musculaire.
  • le sommeil est souvent fragmenté et perçu comme non réparateur.
  • les stades III et IV de sommeil lent profond en début de nuit diminuent.
  • Le délai d'apparition du sommeil paradoxal est habituellement réduit à 60 ou 30 mn.

La perte d'un rythme de vie naturel est une cause de "dépression" :

  • La privation de sommeil entraîne des troubles pseudo-névrotiques : agitation, anxiété, irritabilité, fatigue et troubles somatiques variés.
  • Les dépressions et tendances suicidaires deviennent plus fréquentes avec l'extension du travail de nuit et le syndrome d'insuffisance de sommeil (élèves, adolescents, étudiants)

Le rétablissement des rythmes circadiens améliore les "dépressions" :

  • Le retour à un rythme de vie normal grâce au repos, aux vacances
  • Un horaire de sommeil stable et un réveil spontané.
  • La photothérapie matinale inhibe la sécrétion de mélatonine et diminue la sensation de fatigue.
  • La privation temporaire de sommeil peut servir à recaler le rythme de sommeil.

L'insomnie est une perturbation des rythmes biologiques avant d'être un symptôme psychiatrique.

 

Insomnies et hygiène du sommeil

Définition : Les insomnies associent de façon variable :

  • Augmentation du temps d'endormissement,
  • Réveils nocturnes,
  • Sommeil non récupérateur ou de durée insuffisante.

Les insomnies ont de nombreuses causes, en particulier le rythme de vie, le bruit, le travail de nuit, le stress, les maladies organiques et psychiatriques.

L'endormissement dépend de l'ensemble des rythmes physiologiques, il est favorisé par :

  • la baisse de la température corporelle en fin de journée.
  • la baisse des hormones associées à l'activité et au stress (cortisol, adrénaline).
  • la sécrétion de mélatonine en début de nuit.
  • le rythme de 90 mn observé pour la vigilance et le cortisol, qui détermine des moments favorables.
  • la baisse du tonus nerveux sympathique associé à l'éveil et au stress.

Les insomnies psycho-physiologiques associent un état chronique de stress, d'anxiété et une excitation somatique et mentale incompatible avec le sommeil. Elles se traduisent par des difficultés d'endormissement, des réveils nocturnes et une fatigue diurne.

L'hygiène du sommeil = mesures capables d'améliorer le sommeil sans avoir recours à des drogues. Chaque patient doit gérer son mode de vie et éviter ce qui accentue les décalages de rythmes.

  • Les horaires :
    La sieste entraîne d'autres fonctions physiologiques et aggrave l'insomnie.
    Un repos bref de 30 ou 40 mn est toléré.
    L'heure du coucher doit être régulière et coïncider avec le besoin de sommeil.
    Le réveil à heure fixe peut recaler le premier cycle naturel de sommeil.
    Le temps passé au lit doit se limiter au temps de sommeil.
  • Température : Le sommeil dure plus longtemps s'il se situe sur la pente descendante de la courbe thermique, après le maximum de la température centrale en fin d'après-midi.
  • Préparation au sommeil :
    Une période de détente sans stress doit précéder le coucher.
    Avec un bain pas trop chaud, la température corporelle baisse un peu et on dort mieux.
    L'environnement doit convenir : bruit, température, altitude, isolement.
    La diminution de la luminosité le soir favorise la sécrétion de mélatonine et l'endormissement.
    Eviter les activités physiques intenses avant le coucher.
    Ecarter toute rumination des soucis de la journée.
    Le dernier repas de la journée doit rester modéré et sans boissons alcoolisées.
  • De jour :
    L'activité physique est favorable au sommeil.
    Les stimulants légers le matin, tels que le café, et la photothérapie matinale améliorent la vigilance, diminuent la somnolence diurne.
  • Des thérapeutiques simples sont parfois utiles :
    L'aspirine et le paracétamol font baisser la température et favorisent le sommeil.
    La mélatonine, quelques heures avant le coucher, reproduit un cycle naturel.

Hypnotiques : les benzodiazépines diminuent les stades III et IV de sommeil lent et le sommeil paradoxal. Ces molécules modifient la vigilance, la mémoire, elles favorisent les accidents de toutes sortes. Elles conduisent aussi à une forme de dépendance, et à un phénomène de rebond, une rechute de l'insomnie lors des tentatives d'interruption du traitement.

 

Autres troubles du sommeil

Les essais thérapeutiques montrent la grande résistance au changement des rythmes circadiens. Un horaire correct maintenu pendant 15 jours ne suffit pas à recaler un rythme de sommeil. Les effets des autres moyens thérapeutiques, mélatonine, photothérapie et hypnotiques ne se maintiennent pas après l'arrêt du traitement.

Le syndrome d'insuffisance de sommeil concerne les travailleurs à horaires variables, les élèves et les étudiants qui manquent de sommeil. Ces patients se plaignent de fatigue et de somnolence diurne, en particulier en début d'après-midi. Ils dorment tard les jours de repos et les week-ends, avec d'autres signes :

  • Irritabilité et dépression,
  • Difficultés de concentration et de mémorisation,
  • Anorexie et les troubles gastro-intestinaux,
  • Douleurs musculaires et les troubles visuels.

Dans la plupart des cas, ils cherchent un soulagement dans les vitamines et les stimulants, et ne sont plus conscients de leur déficit en sommeil. Le traitement fait appel au maintien d'un horaire et d'une durée de sommeil adaptés.

Les insomnies avec troubles des rythmes circadiens sont favorisées par le travail de nuit, les décalages horaires, le stress, le bruit et les substances excitantes. Elles conduisent des sujets en bonne santé à une insomnie avec désorganisation des rythmes vitaux :

C'est le cas des étudiants en médecine qui prennent des gardes de nuit sans repos compensateurs, suivent des stages hospitaliers le matin et des cours l'après-midi, tout en préparant leurs examens.

La perte du rythme normal de repos s'accompagne de troubles du caractère, d'anxiété et d'un état pseudo-névrotique. Ces symptomes peuvent être confondus avec de véritables troubles mentaux ou y conduire.

Le syndrome de retard de phase : les patients s'endorment après une heure tardive variant de 0 h 30 à 4 ou 5 h du matin. Leur sommeil est ensuite normal si le réveil est spontané. Ce syndrome est fréquents chez les jeunes qui ont tendance à empiéter sur leurs heures de sommeil pour terminer leurs devoirs et disposer de quelques loisirs. Il entraîne une somnolence et une fatigue matinale avec un déficit de sommeil.

Pour certains patients, le recalage peut être obtenu en retardant chaque jour l'heure du coucher d'environ 3 heures. Le patient doit vivre des journées de 27 h pendant une semaine, à la fin de laquelle il retrouve un horaire normal plus facile à conserver.
Une autre méthode associe une privation de sommeil de 36 h et une avance de 90 mn de l'heure du coucher suivant.

Le syndrome hypernycthéméral est un cycle de veille-sommeil d'environ 25 h, indépendant des cycles extérieurs comme dans les expériences d'isolement complet de M. Siffre. Le sommeil se décale progressivement d'une ou deux heures par jour et devient anarchique, avec des périodes d'insomnie et de récupération.

On le rencontre dans les cas de cécité, de pathologies cérébrales et chez des personnalités fortement introverties. Il semble associé à une perturbation de la sécrétion de mélatonine, et à une diminution de l'effet des synchroniseurs externes, lumière, bruit, activités socio-professionnelles.

 

Sommeil paradoxal, rêves et insomnies

Les insomnies sont déclenchées par les rêves et les cauchemars dans 20 % des cas.

"Des cauchemars récurrents peuvent parfaitement provoquer un conditionnement négatif envers le sommeil et aboutir à la pérénité des troubles du sommeil". (Dis-moi comment tu dors - Ohayon M. Synthélabo 1997)

Certains patients, en dehors de toute maladie psychiatrique, sont impressionnés par leurs rêves. Ils deviennent anxieux, craignent de sombrer dans la folie, de mourir ou de perdre un proche. Leur sommeil devient un sujet d'inquiétude. Ces insomnies peuvent être améliorées par une psychothérapie courte et attentive aux messages de l'inconscient.

Le sommeil paradoxal est une activité rythmique et involontaire du système neuropsychique (découvert en 1960, Pr. M Jouvet à Lyon)

Depuis une centaine de millions d'années, la Nature maintient cette fonction chez les espèces les plus différenciées et homéothermes comme les oiseaux et les mammifères.

Le sommeil paradoxal est une activation des structures cérébrales profondes qui se propage ensuite à l'ensemble du système nerveux central. Sa durée est maximale au début de la croissance. Le sommeil paradoxal se répète assez régulièrement toutes les 90 mn. L'organisme est alors insensible et paralysé, sans aucune défense contre un agresseur éventuel.. Les manifestations cérébrales et somatiques qui accompagnent le sommeil paradoxal ressemblent à un état de veille :

  • Insensibilité aux stimuli extérieurs
  • Inhibition spécifique des neurones moteurs,
  • Abolition du tonus musculaire et des réflexes ostéotendineux.
  • Activité cérébrale rapide,
  • Rythme cardiaque et pression artérielle variables,
  • Respiration irrégulière avec de longues pauses,
  • Activité neurovégétative intense,
  • Erection (sans relation avec le contenu du rêve),
  • Mouvements oculaires rapides,
  • Activité pyramidale et extrapyramidale,

Le lien direct entre sommeil paradoxal et rêve est définitivement prouvé : On sait aussi que l'activité du système nerveux central ne cesse jamais et que les ébauches de rêves et de réflexions sont élaborées au cours du sommeil lent.

Retentissement des rêves : Les rêves ont un impact émotionnel et neurovégétatif important. Les dormeurs sont sécurisés ou au contraire inquiétés par leurs rêves, avec des manifestations organiques secondaires diverses.

  • Les rêves équilibrés accompagnent un sommeil calme et réparateur, avec disparition de la sensation de fatigue au lever.
  • Les rêves agités et remplis de tensions s'accompagnent de troubles neurovégétatifs : le dormeur se réveille fatigué, courbaturé. Il devient anxieux, agité. Ses troubles du sommeil désorganisent ses rythmes nycthéméraux.
  • Fatigue/épuisement : Dans un rêve où l'on court, le corps est paralysé, immobile, mais le coeur et les autres fonctions végétatives s'accélèrent comme si l'on courrait réellement. Certains individus sont plus fatigués par leurs nuits que par leurs journées.
  • Accidents organiques possibles, liés aux violentes sollicitations du sommeil paradoxal et du rêve : Arythmie, crise d'angine de poitrine, accidents cardiovasculaires, pauses respiratoires et asthme nocturne.
  • Certaines morts subites de nourrissons semblent dues à un arrêt respiratoire au cours du sommeil paradoxal.

Fonctions des rêves, selon la neurobiologie :

"Les rêves sont une nécessité biologique et forment une fonction d'intégration et de récupération aussi importante que nos grandes fonctions physiologiques." (Pr. P. Magnin)

"Le rêve rend opérationnels les conditionnements innés de nos systèmes neuronaux. C'est le gardien de l'équilibre psychique et des comportements spontanés. Le rêve est une protection contre les erreurs de comportement, la déraison, les actes inconsidérés, les influences perverses et néfastes." (Pr. M. Jouvet)

Fonction du rêve, selon Freud...

Freud faisait du rêve une manifestation psychique provoquée par des pulsions infantiles incompatibles (inceste, meurtre, anthropophagie) et refoulées pendant la petite enfance. Cette définition du rêve est renversée par les découvertes de la neurobiologie moderne.

Le sommeil paradoxal et le rêve existent in utero et sont au maximum dès la naissance, alors que les relations extérieures sont à leur plus bas niveau. Cette activité intense :

  • automatique, correspond à un rythme biologique,
  • ne résulte pas de refoulements,
  • n'est pas un résidu psychique de l'activité de veille, encore minime,
  • se produit pendant un sommeil très profond, réfractaire au réveil.

Le rêve n'est pas le gardien du sommeil.

L'activité onirique est autonome, rythmique, elle précède les autres fonctions neuropsychiques et le développement de la conscience. Ainsi le psychisme conscient dérive de cette activité psychique inconsciente préalable, et non l'inverse. Physiologiquement et psychologiquement, l'inconscient est la mère du conscient, il en assure la gestation et la croissance, puis il s'efface derrière elle.

Fonction du rêve selon CG. Jung :

"Pour sauvegarder la stabilité mentale et même la santé physiologique, il faut que la conscience et l'inconscient soient reliés, afin d'évoluer parallèlement."

Pour Jung, le rêve a une fonction de régulation et de compensation du psychisme conscient. Il introduit dans l'économie psychique une compensation élaborée par l'inconscient et utilise un langage naturel et imagé. Il exprime une réaction de l'inconscient face à la vie psychique, émotionnelle et instinctive consciente.

"Les symboles de nos rêves sont les messagers indispensables qui transmettent les informations de la partie instinctive à la partie rationnelle de l'esprit humain, et leur interprétation enrichit la pauvreté de la conscience, de sorte qu'elle apprend de nouveau à comprendre le langage oublié des instincts."

La neurobiologie confirme que le rêve trouve sa source dans les structures profondes et instinctives du système nerveux central et qu'il s'agit d'une fonction naturelle.

 


 

Avec ses patients, le médecin peut hésiter sur l'attitude la plus appropriée : pratiquer des examens pénibles et coûteux, ou commencer par un bilan émotionnel et instinctif, interroger chaque malade sur son rythme de vie, son sommeil et ses rêves ?

La médecine ne devrait pas négliger l'impact des facteurs émotionnels, des rythmes de vie et de sommeil sur les fonctions hormonales, neurovégétatives et sur les rythmes de l'organisme tout entier.

Toutes ces constatations ouvrent les portes d'un vaste domaine. La physiologie et les rythmes sont soumis à l'influence du système neuropsychique. On peut se demander si les déséquilibres de ce système ne sont pas le primum movens de pathologies multiples.

 

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